Les kanjis

Les kanjis (漢字) sont fascinants et expliquent en grande partie l’attrait qu’exerce sur moi la langue japonaise. L’esthétique de ces signes pleins de mystère m’a séduite avant même que je les comprenne. Aujourd’hui encore chaque kanji, chaque mot m’apparaît comme une devinette, et cet aspect ludique compense heureusement la difficulté de la langue. Néanmoins, on peut se sentir désemparé face aux 2136 kanjis d’usage courant (常用漢字, jōyō kanjis) qu’il est convient d’apprendre, auquel on ajoutera volontiers les 290 jinmeiyō kanjis (人名用漢字). Voilà donc quelques conseils tirés de mon expérience, sous forme de questions-réponses. Il y a bien sûr d'autres façons de procéder, mais chacun pourra sans doute y trouver quelques réponses à ses questions.

Faut-il tous les apprendre d'un coup avant de passer à la suite ?
Faut-il utiliser la méthode de Heisig "Remembering the kanji" ?


La réponse est non. Quelle que soit la qualité du manuel utilisé, faire de l’apprentissage des 漢字 un préalable à l’étude du japonais me semble être une aberration, car c’est un effort de mémoire pure extrêmement pénible. De plus, de nombreux 漢字 peuvent paraître assez abstraits hors contexte. On apprend donc des choses extrêmement floues, avec de gros risques de confusion. Il est tellement plus naturel d’apprendre un 漢字 au sein d’un mot, ce mot étant lui-même inséré dans une phrase !

Parmi les méthodes d’apprentissage de 漢字 proposées, l’une s’est taillée une belle réputation : RTK, la méthode Heisig (traduite par Yves Maniette en français, Des kanjis dans la tête). Cette méthode pose un excellent principe : décomposer le 漢字 en éléments plus simples, et utiliser une histoire (voire une simple phrase ou une image mentale) pour relier les différents éléments entre eux et au sens du caractère.

Néanmoins, cela fonctionne bien mieux si l’on construit sa propre histoire, selon son propre imaginaire. Bien des images utilisées par Heisig sont tirées par les cheveux et il est difficile de se les approprier. La méthode présente ensemble les 漢字 utilisant des éléments semblables : rien de tel pour tout mélanger ! Ajoutons à cela que les 漢字 sont sortis de tout contexte, que le sens donné est imprécis, et qu’aucune prononciation n’est associée : même si l’on arrive à tout ingurgiter (en 3 mois disent certains), il faudra encore faire un énorme effort par la suite pour apprendre prononciation, vocabulaire et surtout... pour ne pas oublier ce qui a été appris si vite !

Alors, comment s’y prendre ?


Il faut commencer par lire. Au début, quelque chose de facile et de traduit (un manuel par exemple), ensuite des textes plus complexes, la traduction devenant de moins en moins nécessaire. On apprend les 漢字 au fur et à mesure qu’on les rencontre, en les intégrant dans un SRS [voir Outils et Du bon usage du SRS]. On y note le caractère lui-même (si possible avec une police qui indique l’ordre des traits), sa prononciation telle qu’on l’a trouvée dans le texte et les différents sens du 漢字 (d’abord celui du texte, puis ceux que vous trouverez dans un dictionnaire). On note aussi la phrase dans laquelle on a trouvé le 漢字 (en favorisant les phrases courtes, ou en les simplifiant, si on est capable de le faire sans se tromper) : on retient ainsi la prononciation dans le contexte, du vocabulaire avec le 漢字 appris et de la grammaire en sus.

Ensuite, on prend un papier et on décompose le 漢字 en unités plus simples. Puis en utilisant l’excellent principe de Heisig, on constitue une histoire ou une image qui permet de rassembler les pièces du puzzle.

涼 (frais) =氵(radical de l'eau) + 京 (capitale) = Qu’est-ce qui est frais ? L’eau de la capitale.

Peu importe que l'histoire ou l'image soit bête ou absurde. L'essentiel c'est qu'elle marche pour vous (et pas nécessairement pour votre voisin). Il est important d’essayer d’identifier les éléments qui sont eux-mêmes des 漢字 ( 常用 ou non). Tout va bien si on les a déjà appris. Mais on peut très bien rencontrer 涼 avant 京. Dans ce cas, il faut vérifier si la partie de 漢字 que l’on ne connaît pas ne correspond pas à un radical ou un 漢字, en utilisant par exemple la recherche par radicaux d'un dictionnaire ici, par exemple. Ainsi, si on ne connaît pas 京, on essaie de combiner les radicaux 亠 口 et 小, et l’on s’aperçoit que 京 existe. C’est l’occasion de l’intégrer également dans le SRS. Lorsqu’on rencontrera ce kanji lors d’une lecture, il sera déjà mémorisé.

On trouve dans de nombreux 漢字 des éléments qui n’ont pas de sens étymologique bien défini (c’est le cas de certains radicaux, auxquels différents auteurs attribuent différents sens). Il faut alors leur attribuer un nom et un sens, selon ce qu'il évoque, et utiliser le même à chaque fois.

Assez rapidement, on finit par maîtriser une grande quantité d’éléments de base, ou de 漢字 élémentaires, qui vont faciliter grandement l’apprentissage des 漢字 suivants, y compris les plus complexes d’entre eux.

En combinant la décomposition du 漢字, la phrase ou l’image pour la mémorisation et le SRS, on a en main les clefs pour apprendre les 漢字 de plus en plus facilement, à condition de continuer à lire.

Faut-il apprendre toutes les prononciations d’un kanji


Non. Hors de question d’apprendre une ribambelle de prononciations pour chaque 漢字, ni même les principales kun/on-yomi. A quoi vous sert de savoir que 上 se prononce de 20 façons différentes si vous ne savez pas quand utiliser l’une ou l’autre ? Pourquoi prendre le risque d’apprendre des prononciations que vous ne rencontrerez peut-être pas avant plusieurs années ? Ne surchargez pas inutilement votre mémoire, elle a bien assez de travail comme ça. Si vous lisez suffisamment, en progressant dans vos lectures, vous finirez pas acquérir toutes les prononciations courantes.

Faut-il apprendre l’ordre des traits ?


Ce qui compte, c'est de savoir déterminer le nombre de traits d'un 漢字. C'est indispensable pour rechercher un caractère dont on ne connaît pas la prononciation (de même qu'il est important de savoir identifier clé et radicaux). Or pour bien compter les traits... il faut savoir dans quel ordre on les trace (à peu près, en tout cas). Donc la réponse est oui.

Ce n'est pas très compliqué. Si après avoir pris connaissance des principales règles, vous vous astreignez pendant deux ou trois mois à bien copier vos 漢字 en suivant l'ordre, cela deviendra vite un automatisme. Et vous n'aurez presque plus à vous en soucier.

Bien sûr, il existe des systèmes de reconnaissance d'écriture (encore faut-il s'équiper). Certains d'entre eux sont même assez tolérants. Néanmoins, si tolérant que soit le système, il ne vous donnera jamais le bon résultat si vous tracez 口 en un seul trait au lieu de trois.

En revanche, il n'est pas absolument indispensable de maîtriser toutes les subtilités, si cela vous rebute. Exemple : lorsque deux traits se croisent, on trace d'abord le trait horizontal, puis le trait vertical. Mais il y a des exceptions, comme dans 田. Cependant quel que soit l'ordre du tracé de votre croix, vous obtenez toujours deux traits, donc le compte est bon. A vous de fixer le degré de maîtrise qui vous intéresse.

Est-il indispensable d'apprendre les 漢字 ?


Voilà une question qui me paraît absurde, mais que j'ai déjà vue sur des forums. Si vous voulez juste baragouiner du japonais et connaître en yaourt deux-trois expressions que vous entendez dans vos アニメ (anime) préférées, vous pouvez vous contenter des kanas, voire de l'affreux romaji. Si en revanche vous voulez vraiment apprendre le japonais, il faut évidemment apprendre les 漢字. Si non vous serez très vite bloqué dans votre apprentissage, même si celui-ci s'oriente plutôt vers l'oral. Tous les supports pédagogiques comportent des 漢字, même chose pour les blogs et sites web.

De plus, lire un texte écrit uniquement en ひらがな est une expérience pénible. Comme il n'y a pas d'espace entre les mots en japonais, il devient beaucoup plus difficile d'isoler les mots, de repérer les particules grammaticales (sauf à connaître parfaitement tout le vocabulaire du texte ; ce qui est le cas des enfants japonais lorsqu'ils lisent leurs premiers textes, mais c'est rarement le cas d'un apprenant étranger). Les 漢字 permettent aussi d'éviter de confondre deux homonymes. Qui plus est, ils permettent parfois de deviner un mot de vocabulaire que l'on ne connaît pas encore (combinaison de deux kanjis connus), alors que l'équivalent en ひらがな reste mystérieux.

37 commentaires:

yu a dit…

Très bon article sur les kanji. J'ai longtemps été rebutée par ces petits monstres mais j'ai découvert que leur apprentissage était un jeu passionnant.

C'est tout à fait pertinent ce que tu dis: on risque fort d'oublier les prononciations d'un kanji (que ce soit ON ou KUN) si on les étudie "bêtement".

Et je confirme, c'est pas facile de lire un texte uniquement écrit en hiragana. J'ai lu quelques livres d'enfants en japonais, et... omg c'est pas évident de repérer les particules et tout le tralala. C'est limite si on passe plus de temps à repérer les particule et à séparer les mots qu'à apprendre du vocabulaire et profiter ainsi de l'histoire.

En tout cas ton blog est plein de ressources <3 je vais de ce pas lire le reste ;P

Lili a dit…

En voilà un commentaire qui fait plaisir ! Merci Yu, j'espère que tu continueras à trouver des choses intéressantes sur ce blog. またね.

Anonyme a dit…

je suis seulement débutante, mais j'ai exactement les mêmes sentiments concernant les kanjis !
merci pour cet article ! :D

Anonyme a dit…

Hehe, effectivement les kanjis c'est pas facile. On fini par avoir des affinites avec certains et avoir des querelles avec d'autres que l on a plus de mal a retenir.

Je ne sais pas si vous conaissez mais dernierement j utilise Kome Kome Kanji qui utilise une app sur iphone, iOS.
http://kkkanji.hostei.com/

Pour apprendre les kanjis je conseille egalement de faire un petit tour sur les clefs, d apprendre du vocabulaire qui utilise le kanji et se forcer quand on arrive vers un 2kyuu a lire des romans ou des histoires courtes par exemple sur
http://www.newvel.jp/

Ca me permet de reviser les kanjis dans le metro :-)

Pour les niveaux 1 et 2 il est indispensable au moins pour maintenir son niveau de reviser entre 100 et 200 kanjis chaque jour ou de lire.

Lili a dit…

Merci pour ces liens que je ne connaissais pas.

Je n'aime pas tellement l'idée de "se forcer" à lire. Je pense que lorsqu'on atteint un bon niveau dans une langue, on a envie de lire toutes sortes de choses... sinon, c'est qu'on s'est trompé de langue, non ?

En tout cas, je suis d'accord avec toi pour dire que lire est indispensable pour entretenir/accroître son niveau de kanji et de vocabulaire. Lire le journal, lire des articles sur wikipédia, des mangas, des romans, n'importe quoi, mais lire.

Pour entretenir son niveau en kanji, il y a aussi les jeux sur DS (préparation au kanken et autres). Et l'utilisation de dico unilingues.

JP a dit…

Bonjour Lili,

Quel type de matériel recommandes-tu pour apprendre les radicaux/clés kanjis ?

Cela fait plusieurs fois qu'on me dit que la méthode Heisig n'est pas mal, mais qu'elle n'est pas non plus idéale (le mieux étant de se forger ses propres moyens mnémotechniques, comme tu le dis dans l'article). Du coup, je cherche une liste de radicaux/clés avec leur sens et leur prononciation, mais je n'en trouve aucune qui satisfait mes critères...

J'ai pris le parti de ne pas mélanger les langues. J'ai Minna No Nihongo en français et cette méthode me convient très bien (je rentre le vocabulaire dans Anki, ce qui me permet de faire de rapides progrès). Je me sers également du Denshi Jisho qui offre des traductions en français. Malheureusement, le Denshi Jisho est très léger concernant les clés/radicaux (pas de traductions françaises). Et les sites français proposant des listes de radicaux (CrapulesCorp, notamment) contredisent les traductions anglais de clés/radicaux sur Denshi Jisho.

Exemple : 尸
- Desnhi Jisho : flag radical ( = radical drapeau)
- CrapulesCorp : cadavre

Par soucis de cohérence, je souhaite continuer avec du matériel français uniquement, bien que je comprenne très bien l'anglais.

Saurais-tu me conseiller des ressources, même payantes, me permettant d'apprendre les clés/radicaux en français ? Est-ce que la méthode d'Heisig traduite en français répondrait à mes besoins sans trop me prendre la tête ? (je cherche juste une liste avec la traduction et la prononciation, je veux me créer mes propres histoires tout seul)

Je te remercie par avance pour tes conseils !

JP

Lili a dit…

Si tu veux une source francophone, je vais avoir du mal à te répondre.
Longtemps, pour m'assister dans l'analyse des kanjis, j'ai utilisé ce site : Kanji ABC, mais c'est en anglais ou en allemand.

Ensuite, j'ai une phase où je me débrouillais avec ce que je savais déjà, et en nommant les éléments nouveaux un peu à ma guise (après avoir recherché qu'ils ne constituaient pas des kanjis à part entière).

Désormais, j'utilise une dictionnaire de kanji japonais et j'assimile progressivement le nom des clés en japonais. Le dictionnaire explique aussi le sens de chaque clé, donc quand je peux vérifier par moi-même si la traduction qui est donnée ici ou là est bonne ou pas. Mais il y a encore un an, je n'aurais pas été capable d'utiliser ce genre d'outil.

Par exemple, dans l'exemple que tu donnes, la cél 尸 se nomme en japonais しかばね, ce qui veut bien dire cadavre (je ne sais pas d'où ils sortent cette idée de drapeau).
J'ai l'impression que la liste et les explications que tu trouves ici sont assez correct : Index des radicaux
Il existe la même chose en anglais et japonais.
Je n'ai plus trop le bouquin de Maniette en tête (ça remonte à 2006), mais je ne crois pas qu'il y ait une liste propre et juste des clés avec leur sens (elles n'ont pas à proprement parler de prononciation, je ne sais pas ce que tu entends par là). Mieux vaut utiliser le lien ci-dessus.
Après, si tu as une question ponctuelle sur le sens d'une clé, n'hésite pas à me demander.
J'espère que cela répond à peu près à ta question. N'hésite pas à en poser d'autres si nécessaire.

JP a dit…

Merci pour ta réponse Lili !

Oui, tu réponds bien à ma question, c'est super.

Kanji ABC donne à la clé 尸la signification "behind"... Encore une signification différente :/

Je pense que je vais utiliser le wiki Index des radicaux que tu as proposé. Il n'y a pas le nom de la clé en japonais (c'est ce que j'entendais par la prononciation) mais les explications fournies ont l'air d'être introuvables ailleurs. Ca va bien m'aider, merci beaucoup.

Je me suis pris la tête toute la journée avec ces histoires de radicaux, mais cela aura au moins eu le bénéfice de me faire découvrir ce blog !

Encore merci,

JP

Lili a dit…

Pour avoir le nom en japonais, tu peux te servir de cette page de la wikipédia japonaise. Il y a la liste des clés classées par nombre de traits avec leurs différents noms (tu n'es pas obligé de lire le reste :-) )

JP a dit…

Génial ! Merci :D

Anonyme a dit…

Bonjour, il me semble que l apprentissage des kanji par la methode de Heisig-Maniette, en fonction du contexte, peut etre pertinente.
Je ne peux parler que de ce que je connais, donc de mon cas : arrivant au Japon et ayant du temps libre, j ai passe 2-3 heures par jour pendant 6 mois avec cette methode, et au bout de cette demi annee, j ai commence a lire des manga, avec les furigana d abord, afin d apprendre les lectures.
Donc, en fonction du contexte, je serai plutot pour cette methode.
bonne journee.
Seb.

Lili a dit…

Je pense qu'en travaillant 2-3 heures par jour pendant 6 mois, quelle que soit la méthode, on progresse forcément, heureusement :-). Par ailleurs pendant ces 6 mois, tu n'as pas utilisé que le Heisig-Maniette, non ? Sinon tu ne pourrais pas lire de manga, car pour lire des mangas, il faut aussi de la grammaire, du vocabulaire, etc, ce que Heisig ne donne pas. Et puis étant au Japon, tu bénéficies d'un environnement très favorable. Bref, je ne veux pas dire que le Heisig-Maniette n'est pour rien dans ta réussite, mais ce n'est sans doute pas le seul facteur.
Pour conclure, quand je dis que je déconseille une méthode, ce n'est que mon avis, évidemment. Mon avis n'est pas une vérité absolue, c'est donc bien de donner un autre point de vue. Félicitations pour tes efforts. Je pense que ta motivation est ton principal facteur de réussite !

Anonyme a dit…

Peux-tu donner des exemples de livre pour trouver des kanji ?

Lili a dit…

Je ne suis pas sûre de bien comprendre la question. On trouve des kanji dans tous les livres et manuels, notamment dans ceux dont je parle dans la section "Méthodes et manuels" (Minna no nihongo, Parlons japonais, les livres de Kunio Kuwae, les Japanese Graded Readers...). Est-ce que cela répond à ta demande ?

Anonyme a dit…

Merci, je n'avais pas bien compris qu'il s'agissait tout simplement de manuels, tandis que je m'imaginais de vrais livres.

A vrai dire je ne comprends pas trop comment fonctionne ta méthode, mais l'idée de faire des recherches est bien.

En tout cas merci de ta réponse rapide !

Lili a dit…

Tout support écrit en japonais peut être utilisé : des manuels quand on débute, puis des livres, des mangas, des sites web, des journaux
Le principe, c'est de lire, et lorsqu'on trouve un kanji qu'on ne connaît pas, de le noter, et de noter aussi la phrase dans lequel on l'a trouvé, pour avoir la prononciation et le vocabulaire dans le contexte.

Anonyme a dit…

Anw, en fait, on trouve un kanji, on le note sur un SRS, on fait une recherche dessus avec prononciation et tout le reste et dans un autre paquet on met la phrase où on l'a trouver.
Et il sert à quoi le paquet avec les phrases si on ne met qu'un recto ?

Anonyme a dit…

Est-ce que tu connaîtrais même des livres en japonais racontant des histoires simples, mais quand même intéressante ?
Après réflexion, ta méthode d'aller soi-même faire des recherches sur un kanji, et en ayant découvert ce kanji dans un texte qui, si possible, nous a intéressé (avec un dico et un bouquin de grammaire à côté bien sûr) c'est chouette ^w^

Puis je n'ai absolument pas compris ce que tu devais mettre dans les paquets d'anki (entre les phrases, les prononciations..) j'ai essayé, et quand je mets une nouvelle face en plus du recto et du verso, il veut pas l'afficher ( puis j'ai l'impression que les kanji le font un peu buguer x)

Lili a dit…

Pour les livres avec les histoires simples, je te recommande les Japanese Graded Reader, sur lesquels j'ai fait un article.

L'intérêt du paquet de phrases, c'est de garder la prononciation et le kanji dans le contexte et de les revoir régulièrement. Il y a des kanji un peu abstraits, d'autres qu'on voit rarement. Mieux vaut les revoir dans le contexte d'apprentissage, ça aide à mémoriser. Et puis à force de lire les phrases (tu peux les recopier aussi), la syntaxe finit par devenir naturelle.

Anonyme a dit…

Mais pour que ça soit intéressant faudrait voir les kanjis dont il est question dans la phrase en même temps que la phrase, puis même pour le paquet avec les kanji c'est dur parce qu'on peut mettre que deux côtés sur les cartes d'anki.
Et dans le paquet de phrase, tu mets juste ta phrase en japonais ou tu décomposes chaque élément de la phrase de l'autre côté de la carte ?

Lili a dit…

Je comprends mal ce que tu veux dire : quand tu lis la phrase, ils y sont, les kanjis, dans la phrase !
Tu mets ta phrase sur une face, la traduction ou l'analyse sur l'autre face, et la prononciation sur une troisième face (regarde le manuel d'anki pour sélectionner le modèle japonais) :
Face : 私は元気。
Revers : Je vais bien // 私 = je, 元気 = être en forme
Prononciation : わたしはげんき。

Quand tu t'interroges, tu lis la phrase, puis tu regardes la réponse (trad + prononciation)

Anonyme a dit…

Salut Lili. Je viens de tomber sur ton blog et je te félicite pour tes articles très intéressants.
Je commence à préparer le JLPT N1 et en complément de ton article je voulais ajouter que les flashcards de whiterabbitpress sont selon moi vraiment très bien faites car elles présentent au recto le kanji et les mots dans lesquels il est le plus souvent utilisés, et au verso les différentes prononciations, les traductions des mots présenté au recto et la manière d´écrire le kanji.
Je les regarde un peu tous les jours pour travailler ma mémorisation. Je trouve ce support très pratique (en complément bien sûr d´exercices de lecture).
Bonne continuation avec ton blog,
Olivier

Lili a dit…

Merci pour ce commentaire. Je n'ai jamais eu l'occasion de tester ces cartes, mais si elles te mènent jusqu'au N1, elles sont sûrement très bien faites ! :-)
Bon courage pour la préparation.

Anonyme a dit…

Bonjour à tous,
Juste quelques questions pour toi, Lili, si tu as du temps à m'accorder:
Possèdes-tu des flashcards Srs que tu pourrais partager?
Ou tu conseille plutôt l'auto-création de ces cartes?
Conseilles-tu la lecture de mangas à furigana et la recherche systématique du sens d'un kanji non-compris?
Je précise que je maitrise les hiraganas et les katakanas ainsi que les combinaisons possibles.
Je n'ai aucun problème avec l'anglais donc je me demandais aussi si tu connaissais certaines méthodes d'apprentissage exclusive à l'anglais et donc non-mentionné dans ce blog francophone.
Je te remercie.

Lili a dit…

Je déconseille vivement d'utiliser des paquets tout faits. Faire sa fiche anki, c'est déjà une première phase de l'apprentissage et de la mémorisation. Si quelqu'un d'autre le fait pour nous, on perd une première occasion d'apprendre. Surtout, avec un paquet tout fait, on ne peut pas contextualiser ce qu'on apprend. Si par exemple j'ai découvert un nouveau kanji en lisant One Piece, il y a de bonnes chances pour que je me rappelle plus facilement de son sens, parce que je l'aurais appris dans un contexte amusant. Les liens qui se tisseront dans ma mémoire seront d'autant plus riches et nombreux. Avec une liste toute faite, aucun lien de ce genre. C'est comme si tu essayais d'apprendre le français en lisant le dictionnaire au lieu de lire des livres. Enfin, si le paquet comporte des erreurs, tu apprends les erreurs de quelqu'un d'autre, c'est benêt !

Beaucoup de manga ont des furigana, ce qui est évidemment plus confortable pour commencer. Il faut choisir le manga en fonction du plaisir qu'on prend à le lire (et en tenant de son niveau, évidemment). Pour ce qui est de chercher les kanji/mots inconnus, rien de systématique. Actuellement, je chasse tout nouveau kanji parce que j'en connais déjà pas mal. Mais si tu fais ça en débutant, tu risques de te retrouver avec une avalanche de nouveaux kanji et d'être submergé. Qui plus est, tout chercher dans le dico est lassant et décourageant. Il faut trouver un juste milieu. Soit tu cherches ce qui t'intrigue le plus, soit tu fais à fond 5 pages puis 10 sans trop chercher... Je pense refaire un article sur la lecture des mangas sous peu, de toute façon. Faire attention aussi : dans les manga, il y a aussi des kanji qui ne sont pas dans la liste des jouyou. Ils ne sont pas à retenir en priorité (surtout quand on débute)

Des méthodes anglaises ? J'ai utilisé Minna no nihongo en anglais, mais ça existe en français. C'est surtout du côté des podcasts qu'il est préférable de maîtriser l'anglais. Et pour les dico aussi, mon dictionnaire bilingue est japonais-anglais. Ensuite si tu cherches des livres bilingues, je pense que ce sera un plus de bien maîtriser l'anglais. Mais je ne connais pas vraiment de méthode anglo-saxone.

Anonyme a dit…

Merci beaucoup pour tes réponses.
Donc si j'ai bien compris, une des méthodes serait de prendre un site tel que go-i.fr ou est référencé les joyo kanjis, et de créer des fiches pour s'entraîner? Sans aucun besoin d'apprendre les lectures kunyomi et onyomi? Mais alors, lorsque je lirai des textes en japonais, je serais incapable de prononcer ce que je lit(malgrès le fait que je saches ce que ça veut dire)?
Encore merci pour tes précieuses réponses!

Lili a dit…

Non, non, non, je pense que tu lis trop vite ! Relis la partie "comment s'y prendre" et ma réponse ci-dessus. Je dis justement de ne pas utiliser de liste ! Et de noter les kanji qu'on découvre en lisant (pas systématiquement si ça fait trop, mais en nombre suffisant pour progresser), en retenant la prononciation trouvée dans le texte (si tu apprends d'emblée toutes les prononciations, tu vas t'embrouiller).
Je te conseille de lire (attentivement) l'article sur le SRS et les commentaires, cela complète cet article pour expliquer comment je procède.

Anonyme a dit…

Aïe, en effet, j'ai tout lu trop vite. Mais alors, connais-tu des histoires sur internet en japonais pour débutant (vraiment débutant, genre aucun kanji connu), comme ça je pourrais appliquer ta méthode et apprendre efficacement les Kanjis. Merci.

Anonyme a dit…

C'est encore moi juste pour corriger mon précédent message je voulais te demander si tu recommandais certains textes et non si tu en connaissais.

Lili a dit…

Désolée de ne pas avoir répondu plus tôt, j'avais pris quelques jours de vacances.
Je ne connais pas vraiment d'histoires sur internet pour débutant. Moi, j'ai débuté avec les Japanese Graded Readers et je les trouve idéal pour commencer (au niveau 0), mais c'est en livre (avec CD) et pas donné.

Anonyme a dit…

Merci!

KANJ.IO Administrator a dit…

Bonjour,

Je suis le créateur d'une nouvelle application d'apprentissage des kanjis, KANJ.IO (http://www.kanj.io). Je me permets de vous écrire pour vous présenter ce nouvel outil, lancé en version bêta il y a tout juste quelques semaines.

KANJ.IO utilise la méthode des répétitions espacées (SRS - spaced repetition system) dont vous parlez sur votre blog.

Mais plutôt que de se concentrer sur les kanjis pris individuellement comme la quasi-totalité des outils existant, l'originalité de KANJ.IO est de se concentrer sur la lecture des mots japonais, toujours présentés dans des phrases.

Pour nous, apprendre les kanjis un par un est un passage obligé, mais cela peut aussi parfois sembler extrêmement rébarbatif et frustrant car trop éloigné de la langue écrite réelle.

KANJ.IO propose de lire de vrais mots dans de vrais phrases en japonais, et grâce à une interface très ergonomique, l'entraînement à la lecture est très ludique.

Bref, il s'agit d'un outil innovant permettant de faire la transition entre les kanjis (ON et KUN YOMI) et la lecture de vrais textes japonais.

Pour les débutants, nous avons aussi prévu des niveaux d'entraînement à la lecture des hiragana et katakana.

Les premiers niveaux de KANJ.IO (hiragana, katakana, introduction aux kanjis) sont totalement gratuits.

N'hésitez donc à venir découvrir cette nouvelle application !

KANJ.IO => http://www.kanj.io

Sébastien
Créateur de KANJ.IO

Fred a dit…

Merci pour tout ces conseils.
En effet apprendre les kanji n'est pas facile pour nous les français.

Je viens d'écrire un article sur les Kanji avec la liste des 2136 Kanji avec les tracés
Si ca peux aider ceux qui étudient les Kanji voici le lien :

http://www.apprendrelejaponais.net/kanji-japonais.html

AkaJoki a dit…

Bonsoir,
Tout d'abord, superbe blog, je tiens à le dire. Très intéressant, tant par son contenu que par sa présentation, etc.
Et en tant que passionnée de Kanji, je ne pouvais résister à l'envie de poster un commentaire. Je suis vraiment ravie de voir que je ne suis pas la seule à être intransigeante quant à l'aspect écrit du japonais, bien que la pratique orale reste très importante. Mais, comme vous l'avez bien mentionné, de nombreux sites pour apprendre le japonais contiennent du japonais écrit dans les trois scripts, notamment des Kanji, ce qui nous conforte donc quant à l'importance de l'écrit.
Tout cela pour dire que nous avons une façon de considérer le japonais qui se ressemble, ce qui n'est pas sans me faire sourire sans pouvoir me contrôler.
Mon ultime objectif est de passer le 日本漢字能力検定協会(漢検)一級 un jour, au pire le 二級. Ideéal, certes, mais j'adorerais connaître le plus de Kanji possible - amour inconditionnel, blah-blah... Je pense d'ailleurs qu'en cours, les professeurs devraient plus se fier aux Kanji appris pour ces examens, car ils suivent la progression des niveaux en écoles japonaises. Mais cela ne changera pas de sitôt, alors nous pouvons toujours rêver, n'est-ce pas.
Je m'excuse de la longueur de ce commentaire, je me suis encore laissée emporter.
Les Kanji resteront à jamais la raison pour laquelle je me suis d'abord intéressée au chinois, puis au japonais. Aucun regret <3

Lili a dit…

Je suis heureuse, moi aussi, de voir des personnes qui partagent ma passion pour les kanjis. Bonne chance pour le 一級 (ça me paraît très ambitieux tout de même, les japonais eux-mêmes n'atteignent pas toujours ce niveau) !

bubu a dit…

Bonjour,

Je suis passé plusieurs fois sur ton blog sans jamais prendre le temps de vraiment m'y arrêter...
C'est chose faite.
Merci pour la quantité très impressionnante d'infos en tout genre (conseils de lecture, outils, sites internets,...).

Tu es une vrai passionnée!

J'apprends le japonais depuis deux ans maintenant, je vais intégrer plusieurs de tes conseils à ma méthode.

Un grand merci, je pense continuer à venir picorer de temps en temps.

A bientôt

Bubu

Lili a dit…

Merci Bubu pour ce commentaire sympathique. Si mes conseils peuvent t'aider, j'en serai ravie. N'hésite pas à poser des questions si nécessaire.