mardi 17 novembre 2015

Hyakunin isshu, poème n° 37 : 白露に

Pour mettre un peu de poésie dans ce monde de brutes - et ce n'est malheureusement pas un vain mot - voici un poème automnal et délicat de 文屋朝康(ふんやのあさやす), dont on ne sait pas grand-chose.


白露に
風の吹きしく
秋の野は
つらぬきとめぬ
玉ぞ散りける


しらつゆに かぜのふきしく あきののは つらぬきとめぬ たまぞちりける


白露に : 白, blanc, 露, rosée. Le scintillement blanc de la rosée.
風の吹きしく : 風, le vent, 吹き est une forme de 吹く, souffler, しく (頻く) marque la répétition et の est ici l'équivalent de la particule が
秋の野は : 秋, l'automne, 野, la plaine, la prairie ; は est là pour marquer une distinction : c'est à l'automne seulement qu'on peut observer le phénomène décrit dans le poème ;
つらぬきとめぬ : つらぬく (貫く) signifie transpercer, passer au travers et とめる(留める)rester, retenir.  ぬ est la rentai-kei de la négation ず. L'ensemble détermine 玉, qui vient ensuite et signifie ici "perle". On a donc ici l'idée de perles qui ne sont pas transpercées et retenues par un fil.
玉ぞ散りける : 玉 désigne ici les perles de rosée ; 散り est une forme de 散る, disperser ; ぞ est une particule emphatique associée ici à ける, qui marque l'exclamation.

En résumé, à l'automne, le vent qui souffle continuellement sur la plaine disperse les gouttes de rosées comme les perles d'un collier dont le fil serait rompu : une belle image, fraîche comme la rosée du matin.


Sur la blanche rosée,
le vent souffle encore et encore
dans les champs d'automne ;
comme des perles déliées,
les gouttes partout se dispersent


Index en romaji : shira tsuyu ni, kaze no fukishiku aki no no ha tsuranuki tomenu tama zo chiri keru

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