Il y a près d’un an, je me lançais avec enthousiasme dans l’apprentissage du coréen. J’en avais d’ailleurs parlé sur ce blog au mois d’août, montrant comment j’essayais de me servir du japonais comme langue pivot. J’avais alors écrit ceci :
Si ma curiosité pour le coréen est vite satisfaite et que je décide d'abandonner dans un an, je n'aurai pas complètement perdu mon temps, puisque j'aurai continué à progresser en japonais grâce à cela. Ce constat me permettra de relativiser le sentiment aigu de culpabilité et de mauvaise conscience que je ne manquerai de développer à ce moment-là (je suis incapable de laisser tomber une activité sans mauvaise conscience). Évidemment, rien ne dit que je vais abandonner. Je dis ça juste au cas où.
Et bien le « cas où » s’est produit. Ma lune de miel avec le coréen a finalement été de courte durée. Il y a à cela plusieurs raisons :
- j’ai déjà eu l’occasion de le dire : j’aime passionnément les caractères sino-japonais (hanzi, kanji, ou hanja selon la langue). Or le coréen moderne tourne le dos à ses hanja. C’est un avantage pour tous ceux qui peinent à apprendre ces caractères. C’est pour moi un grave inconvénient. Si l’alphabet coréen m’a intriguée le temps de me familiariser avec lui, une fois ma curiosité satisfaite, j’ai trouvé qu'il manquait de piment. Et finalement il est beaucoup plus facile pour moi de mémoriser des kanji/hanzi que du vocabulaire dans un alphabet non roman. Parce que ma mémoire visuelle fonctionne mieux dans le premier cas.
- difficile pour moi d’intégrer les sons du coréen. Encore pire que le chinois (c’est très subjectif, évidemment, les sonorités du mandarin ne sont pas faciles non plus). Du coup, difficulté aussi à bien faire fonctionner ma mémoire auditive.
- problème de diversité des supports : il existe beaucoup de manuels de coréen, quelques-uns en français, d’autres en japonais, beaucoup en anglais. Mais en dehors des manuels, j’ai trouvé peu de matériel pour débutants (type japanese graded readers). Dans les libraires spécialisées en langue orientale, le rayon coréen est toujours mince. Alors que le rayon chinois, juste à côté, bien achalandé, me faisait de l'oeil…
Lentement mais sûrement, l’idée de me remettre au chinois plus vite que prévu a fait son chemin (je ne pensais pas m’y remettre avant quelques années). Le chinois présente à mes yeux pleins d'avantage :
- en chinois, il n'y a QUE des hanzi. Le pied ! De plus, même s'il y a bien sûr des différences entre hanzi et kanji, il est souvent assez facile de passer de l'un à l'autre. L'acquisition du vocabulaire chinois en est nettement facilitée.
- il y a en chinois une plus grande variété de supports d'apprentissage, une plus grosse communauté web, et au moins deux belles libraires sur Paris. De quoi satisfaire mon appétit.
- même si la prononciation est une des principales difficultés (à mes yeux), elle me rentre plus facilement dans l'oreille que le coréen (peut-être parce que j'en ai déjà fait un peu il y a quelques années)
- enfin, au premier abord, la grammaire est plus simple que celle du coréen. Je dis bien au premier abord. Il faudra que je fasse un bilan lorsque je serai plus avancée.
